jeudi 11 février 2010

La naissance des villes, la dictature militaire et la réponse de l'Eglise par lutte non violente. 1965-1985


Les migrations internes changent le visage du Brésil. « L´Amazonie, une terre sans hommes pour des hommes sans terre ! » proclame le projet des militaires au pouvoir. Commence dans le Para une nouvelle ère. Le développement économique entraîne une métamorphose des villages nés autour des forêts en authentiques villes qui arrivent à concourir avec Conceição. 

Arrive la « guerrilha do Araguaia », une guérilla dans le cœur de l´Amazonie, soutenue par Cuba, et accentuée par les conflits entre grands propriétaires terriens et petits paysans. Les Forces Armées noient la révolte dans le sang. Les droits de l´homme sont ouvertement violés. La promotion humaine au nom de l´Evangile est, dans un premier temps, remise en question puis enterrée. Soupçons, menaces et peur deviennent le pain quotidien de ceux qui assument une responsabilité publique. Les souffrances sans nombre, par solidarité avec celui qui souffre, conduisent au martyre. Mais la persécution ne va pas sans la grâce.

Le souffle de Vatican II réveille de nombreuses énergies assoupies : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » Gaudium et Spes §1

Une forte dynamique de l´Espérance réunit et pousse à la construction du Royaume où l´humanité entière sera réunifiée. Comme le Christ, il faut renverser les oppressions, tendre la main aux injustices, inviter les exclus. Les conférences de Medellin (1968) et Puebla (1978) indiquent les chemins. Se lève une Eglise tournée vers l´extérieur, mettant au premier plan l´engagement avec les pauvres et la lutte pour la liberté et la justice. « Où il n´y a pas la justice, il manque la présence de l´Evangile » (Conseil diocésain de Pastorale – 1980). La déchristianisation commence à se faire sentir sérieusement dans les habitudes de la vie du nouveau Brésil urbain.


Le Diocèse de Conceição répond au développement urbain en créant des paroisses autonomes, qui assument toutes les tâches de la vie paroissiale. (São Geraldo en 1972, Redenção – Cristo Redentor en 1973, Santana do Araguaia en 1976, Rio Maria en 1977, Xinguara en 1979, Floresta en 1985). Les CEB (Communauté ecclésiale de Base), alimentés par des parcours bibliques et des parcours de réflexion, inaugurent une « nouvelle façon d´être Eglise » et font éclore la clameur pour la liberté, pour la justice et pour l´égalité. 

Les « Assemblées du Peuple de Dieu » donnent la voix à tous les catholiques et articulent les efforts de beaucoup. Quand des prêtres et des laïcs vont en prison à São Geraldo de Araguaia, c´est l´heure des ténèbres. Mais l´appui unanime de tous, depuis la Présidence de la CNBB  au plus humbles, en passant par les consacrés et les laïcs, transforme cette épreuve en une incitation pour une lutte plus intense. Cependant, dans le même temps, l´activisme déclenché par les circonstances dramatiques entraîne une onde de désistement dans le clergé.

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Diacono Francisco Javier