vendredi 4 septembre 2009

Da pregação

Depuis mon ordination diaconale, j’apprends le métier de...diacre. Pour le moment, il m’a surtout été donné d’assister le prêtre à l’autel, de prêcher et de présider des célébrations de la Parole (j’y reviendrai).
Je découvre donc surtout les joies et les difficultés de l’homélie. J’ai prêché en juillet en français, et depuis un peu plus d’un mois, en portugais. La préparation est plus conséquente. J’écris un premier jet en français, que je traduis et fais relire. Il en va de la nourriture du peuple chrétien. Je me rends compte de ce bon nombre de prêtres ont pu me dire en France. Le peuple (l’expression « povo » est ici abondamment utilisée pour désigner le peuple) a soif d’explication de la Parole de Dieu. C’est sa nourriture. La tâche du prédicateur est donc de la lui expliquer, en étant fidèle à la Tradition et au Magistère, tout en tenant compte de la réalité pastorale. Vaste programme… Je ne me mets pas trop de pression.
Ma professeur de portugais, qui connaît bien le povo d'ici, me conseille d’être le plus simple possible dans mes explications, et le plus « pratique ». J’évite donc de m’aventurer dans de grandes aventures théoriques et me concentre sur les textes liturgiques que l’Eglise nous donne à méditer.
Pour le moment, mes homélies sont plutôt « françaises » quant à la longueur, soit entre 5 et 7 minutes, bien loin des canons locaux qui durent entre 20 et 40 minutes habituellement.

jeudi 3 septembre 2009

De la nourriture brésilienne

La nourriture brésilienne est une nourriture à base de "mixture", inspirée par la cuisine portugaise, et donc très sucrée.
Le matin, à 7h30, est servi le café, avec du pain et du beurre. Certains jours, on trouve également de la semoule qu'il est conseillé d'accompagner de lait.
A 10h40, est servi le launche du matin, avec souvent un fruit, du café et quelques gâteaux secs.
Puis vient le déjeuner ou almoço :
En entrée, on trouve une salade composée avec salades vertes, tomates, betteraves, mangues, oranges, choux fleur, le tout au choix. Puis vient le plat principal : le riz et le feijão, avec une viande qui varie à chaque repas. Les desserts sont plutôt rares. Certains jours des bananes du jardin sont proposées.
A 16h00, est servi le launche de l'après-midi, avec suco (sirop de fruits très sucré) et pâtisseries.
A 19h30, est servi le dîner ou jantar, avec le même menu que pour l'almoço, salade, riz, feijão et viande, avec quelquefois quelques légumes.
Comme vous pouvez aisément le constater, tout cela n'est guère varié. Les Brésiliens aiment manger...beaucoup. Dans les restaurants, on trouve quelqus excentricités toutes brésiliennes : pizza au chocolat ou à la banane avec de la mozarella, ou encore ravioli avec sauce à la banane ou à la mangue. Là encore, ce qui compte, c'est la quantité, beaucoup de restaurants proposant des menus à volonté.
Estomacs sensibles s'abstenir.

mercredi 2 septembre 2009

L’Eglise brésilienne aujourd’hui (2)

A partir des années 80, les mouvements charismatiques venus des Etats-Unis commencent à arriver au Brésil. Ils répondent à l'attente religieuse du povo, et commencent à gagner les jeunes, puis le clergé. Ce mouvement charismatique brésilien se caractérise par une foi expressive et très "sensible", ainsi que par la présence de "leaders" connus auxquels il est facile de s'identifier. Ainsi le Père Marcelo de São Paulo (cf. mon article précédent sur les artistes catholiques brésiliens), le Père Fabio de Melo... Le mouvement charismatique brésilien aime à organiser de grands rassemblements avec chanteurs, danses, invocations à l'Esprit Saint. Il possède une chaîne de télévision qui diffuse au plan national : Canção Nova.
Pendant plus de 20 ans, l'Eglise brésilienne a donc été divisée profondément entre les tenants de la théologie de la libération et les tenants du renouveau charismatique.
Il a fallu attendre 2007 et la venue du pape Benoît XVI au Brésil pour qu'enfin les tensions s'apaisent. L'épiscopat sud-américain a voté à la quasi-unanimité le document d'Aparecida, document de synthèse et d'évangélisation, qui sert de boussole à toute l'Eglise sud-américaine.

mardi 1 septembre 2009

L’Eglise brésilienne aujourd’hui (1)

Un peu d’histoire récente sur l’Eglise brésilienne.
Dans les années 60, la théologie dominante au Brésil, était la théologie de la libération, qui en quelques mots n’envisageait le salut chrétien opéré par Jésus Christ que des seuls points de vue politique et social. Tout le clergé était gagné à cette théologie, où la partie spirituelle de l’homme était oubliée et niée. Dans le même temps, les populations rurales ont rejoint les villes et se sont agglutinées dans des favelas immenses dans les banlieues des villes. Les infrastructures ecclésiales étaient importantes dans les centres-villes, mais l’Eglise a tardé à s’implanter dans les banlieues, ne proposant dans un premier temps que la réponse de la théologie de la libération à ces populations déracinées. Or le peuple brésilien est un peuple profondément religieux, avide de rencontrer Dieu, de le prier et de le célébrer. Cette réponse insuffisante de l’Eglise vis-à-vis de ces populations pauvres, a fait le nid des Eglises évangéliques qui en ont profité pour s’implanter dans les favelas en grand nombre et proposer une réponse attendue par le povo (peuple).

lundi 31 août 2009

La Chacara de la paroisse

La paroisse Nossa Senhora de Aparecida de Samambaia est située dans une zone urbaine avec une forte concentration de population. Or, les besoins pastoraux font qu’il est nécessaire d’avoir un lieu de repos, susceptible d’accueillir les retraites et temps forts des différents groupes paroissiaux. Pour répondre à ce besoin, la paroisse a donc acheté il y a deux ans une chacara, ou lieu de retraite à 35 kms de Samambaia. Il s’agit d’un terrain de plusieurs hectares avec cuisine équipée, maison où vit un couple de gardiens avec leurs deux enfants. Chaque WE, les lieux sont investis par l’un des groupes de la paroisse, qui vient y passer un temps convivial, autour d’un barbecue et de jeux de cartes et de dominos.
Le curé prévoit d’y faire construire dans les années à venir une salle de conférences, un lieu d’accueil avec 35 chambres avec douches, et une chapelle. Avec bien sûr le terrain de football et la piscine…

dimanche 30 août 2009

De la réputation des Français

Chaque samedi, je visite l'un des groupes de jeunes dans l'une des chapelles de la paroisse. Nous commençons par un temps de prière, puis je me présente. Un jeune diacre français, il est vrai que la chose est plutôt rare dans les villes satellites de Brasilia. Puis je réponds à leurs questions : comment les jeunes français vivent-ils leur foi ? Y--il des groupes de jeunes dans les paroisses ? Comment s'habillent-ils ? Que mangent-ils ? Comment m'est venue la vocation ? J'évite de parler de la joie des français à jouer au football contre le Brésil, spécialement lors des coupes du monde. Les cicatrices ne sont pas refermées... A chaque fois pourtant une question revient : pourquoi les français ne prennent-ils pas de douche ? J'avoue que cela me surprend à chaque fois et déclenche les rires des membres du groupe. Si quelqu'un a des éléments de réponse, je suis preneur (pour eux la France est un pays où il fait très froid...).
Encore une fois, je suis agréablement surpris par leur manière joyeuse et spontanée de vivre, de se retrouver en groupe chaque semaine, et de prier simplement les uns pour les autres.

samedi 29 août 2009

Um espirito são num corpo sadio

"Un esprit sain dans un corps sain". Tel pourrait être la devise des séminaristes ici, tant le sport semble important pour l'ensemble des membres de la communauté. A raison de deux fois deux heures obligatoires dans la semaine (et plus si affinités), les pères et les séminaristes se dépensent physiquement. Au choix : football, gozinho, volleyball, basketball, marche, course à pied, vélo, ou centre de musculation. Hier, j'ai découvert le centre de sport situé à 5 minutes en voiture du séminaire, et lieu fétiche de certains pères, grands aficionados de remise en forme. Un coach nous accueille et dirige la séance de chacun avec différents appareils, dignes des plus grandes équipes européennes de sport collectif.
Puis hier soir, soirée "mùsica et cultura", avec au programme quelques chansons du répertoire espagnol. 40 minutes de prestation du professeur de chant du séminaire, pour découvrir quelques tubes populaires du monde hispanique. Une soirée bon enfant, qui s'est évidemment terminé par un launche, ou goûter amélioré.

vendredi 28 août 2009

Sim City

Tel pourrait être le nom de Brasilia. En effet, la ville a été fondée il y a 50 ans (anniversaire en 2010), par la volonté du Président Juscelino Kubitschek, et inaugurée le 21 avril 1960. Ce dernier est considéré comme l'un des grands personnages historiques du Brésil. Son intention était d'attirer les populations de la côte vers l'intérieur des terres. Il a fait construire en 5 ans une nouvelle capitale et de nombreuses autoroutes qui jalonnent le pays. Il a repris le vieux rêve des Bandeirantes, ces aventuriers portugais qui ont colonisé peu à peu l'intérieur des terres du pays. L'une des villes satellites de Brasilia s'appelle d'ailleurs Nucleo Bandeirante, le lieu habité le plus ancien de la capitale. C'est là que se trouve le palais qu'habitait Kubitschek.
Cela ne s'est pas fait sans difficultés. Le Brésil a dû menacer de rompre ses relations diplomatiques avec de nombreux pays, qui refusaient que leur ambassade quittât la côte.
Cette année, la ville se prépare à fêter ses 50 ans, avec d'importants travaux de restauration des batîments publics, et l'amélioration des axes routiers secondaires. En effet, les successeurs de Kubitschek n'ont pas tous eu son souci d'entretenir et d'améliorer les infrastructures créées et voulues par lui.

jeudi 27 août 2009

De la vie paroissiale

En Europe, l'appartenance à l'Eglise se définit par la participation aux célébrations de l'Eglise : messe dominicale, mariage, funérailles... Pour beaucoup, la vie chrétienne consiste à aller à l'Eglise et à participer à la vie rituelle, et moins à la charge pastorale, à l'animation des différents groupes ou structures ecclésiales. Résultat, le peu de bénévoles se retrouvent avec de nombreuses charges à assurer.
Ici au Brésil, les données sont renversées. La vie chrétienne se définit par la participation à la vie pastorale. Les célébrations sont vues comme une nourriture pour l'exercice de la vie pastorale. Résultat, il existe de nombreux groupes qui animent la vie paroissiale : pastorale familiale, groupes de jeunes, catéchistes, dezimo, ministres de l'eucharistie... Tout ne repose pas sur les épaules du prêtre et de quelques uns. La vie paroissiale est vraiment l'affaire de tous, et ça change tout.

mercredi 26 août 2009

Da fé do povo

Pour changer de registre, voilà une petite histoire illustrant la foi du peuple chrétien au Brésil. Lundi, ma professeur de portugais m'a fait faire un exercice de compréhension orale : l'objectif était de répéter avec mes propres mots ce qu'elle venait de me dire.
Voilà donc l'histoire :
Il y a trois semaines, lors de notre première rencontre, elle avait demandé à un diacre du séminaire de prévenir l'un des pères, pour qu'il participât à une fête de famille. En effet, la mère de sa belle-fille fêtait ses 100 ans, et une réunion de famille s'imposait, avec bénédiction et communion de l'héroïne. Voilà que samedi dernier, jour de la fête de famille, pas de nouvelles du Père en question. Le diacre n'avait pas fait son travail... Ma professeur passe plusieurs coups de téléphone au séminaire, pour apprendre que le Père en question se trouve à plus de 100 kms de Brasilia. Elle tâche d'en contacter un autre, retenu par de confessions dans une paroisse. Finalement, elle prend sa voiture et arrive au séminaire samedi en début d'après-midi, qu'elle trouev quasi-vide. En effet, à ce moment-là, la plupart des séminaristes sont en insertion pastorale. Elle parvient à rencontrer le supérieur, lui explique la situation et celui-ci accepte de venir porter la communion à la personne concernée. En fin d'après-midi, ma professeur vient le chercher au séminaire et le conduit à l'endroit de la fête. Conclusion de ma professeur les larmes aux yeux : "Ce jour-là, malgré toutes les difficultés rencontrées, Dieu m'a accordé un immense cadeau : pour la première de ma vie, le Saint Sacrement est entré dans ma voiture".
Bel exemple de dévotion eucharistique.